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Espace Bioéthique Aquitain

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Accueil du site > Espace > Travail, démarche participative, fin(s) de vie

Traditionnellement vu comme source de revenus pour vivre, simple moyen pour subsister, le travail est devenu source de bien d’autres choses, de biens d’une autre nature, tels l’épanouissement personnel, au point d’être désormais un but en soi, autrement dit une fin de vie : s’accomplir, se réaliser pleinement, s’éclater, au risque de s’exploser, de s’exposer aux flammes du burn out, de s’achever.

D’où peut-être la souffrance redoublée de ceux qui chôment, souffrance apaisée certes — quand viennent et se poursuivent le temps qu’il faut des indemnités décentes — mais partiellement, car on sait depuis longtemps que l’argent ne fait pas le bonheur, en particulier celui de se sentir bien dans sa peau d’homme accompli. La souffrance aussi de ceux et celles qui ne chôment pas, et n’ont donc pas à se plaindre, puisqu’ils travaillent ! Mais dans quelles conditions, avec quel statut, quelle reconnaissance, quelle marge de liberté pour exprimer créativité et initiative, individuellement et collectivement, tant dans le monde de l’entreprise à profit que dans celui de la santé — lesquels tendent à se confondre de plus en plus ?

Souffrir en travaillant, soigner en souffrant, c’est mal travailler, c’est mal traiter, c’est maltraiter. A l’inverse — et les études qui le démontrent s’accumulent — meilleure est la qualité de vie au travail, et plus le travail est soigné ! Pour en arriver là, la démarche participative (DP) fait peu à peu ses preuves. Promue dès la circulaire DHOS du 19 février 2002 sous le vocable de « démarche palliative »(1) — par où l’on retrouve une fin de vie au travail —, reconnue et intégrée par la HAS dans sa certification, cette DP, bien lente à se mettre en œuvre dans le quotidien, offre deux facettes, l’une introvertie ou réfléchie (D comme disposition), l’autre extravertie ou appliquée (P comme pratique) (2) . Elle a sa pertinence tant dans la transversalité de la rencontre avec chaque personne soignée que dans celle de l’organisation collégiale élaborée par les professionnels eux-mêmes dans leur travail — affranchis du même coup d’un statut de simple exécutant, quels que soient leur niveau hiérarchique et leur degré de responsabilité.

Concrètement, la DP se veut antidote à la RTT comme réduction du temps des transmissions. Elle consiste en des espaces d’échanges pour la formation interne, pour le soutien des professionnels dans leur exercice, pour une meilleure prise de décision face à des situations extrêmes ou complexes, et pour construire ensemble les projets nécessaires, de service, de vie d’équipe, de soin, etc.

A l’heure où s’échafaudent des lois nouvelles sur la fin de vie, ouvrant sur des droits neufs pour les personnes, la DP ne serait-elle pas un atout pour améliorer la prise en compte de leurs « directives » ? Et un chemin autre pour éviter de s’embourber dans les ornières d’une sédation trop sédative pour tous, et pour que les consciences du plus grand nombre possible, tant professionnels qu’usagers, se maintiennent en éveil ?


1- « Asseoir et développer les soins palliatifs dans tous les services et à domicile en facilitant la prise en charge des patients en fin de vie et de leurs proches, par la mise en place d’une dynamique participative prenant en compte les difficultés des soignants » (c’est nous qui soulignons cet extrait de la circulaire DHOS précisant le but de la démarche).

2- Pour plus de détails, voir l’ouvrage Pour un travail soigné dans une démarche participative, dir. J. Ceccaldi, Lamarre, 2015.

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