accueil votre espace espace particulers espace hôpitaux, entreprise, associations étudiant universités
Exemples : Alzeihmer, don d’organes, insémination artificielle etc.

Espace Bioéthique Aquitain

Tél. : 05 56 92 13 61

Accueil du site > Histoire et Définitions > Définitons > POUR UNE DIGNITÉ DIGNE DE L’HOMME

POUR UNE DIGNITÉ DIGNE DE L’HOMME

jeudi 23 septembre 2010, par Jacques Faucher

Les consensus peuvent être trompeurs. Rares aujourd’hui sont ceux qui oseraient publiquement remettre en cause le bien-fondé de la dignité de la personne humaine. Le conformisme régnant fait de la dignité un mot magique, un mot-clef “incontournable” des discours consensuels. Mais le consensus n’est qu’apparent. Celui qui examine de près les emplois de ce mot constate vite qu’il recouvre des significations différentes et souvent divergentes. Et nous pressentons bien qu’à travers ces débats sémantiques se profilent des choix de société.

Les mots ont du poids, plus qu’on ne le pense habituellement. Ils peuvent transformer le regard, affermir ou affaiblir les convictions éthiques. Les photos, les images (de soi ou des autres) font choc, nous émeuvent. L’émotion met en mouvement, peut faire entrer dans une démarche éthique, mais trop souvent remplace la réflexion éthique qui est toujours un travail, une élaboration, une prise de position.

Dans une société pluraliste, personne ni aucune autorité ne peut imposer une manière de penser. Chacun a le droit d’avoir ses propres convictions, mais aussi le devoir de prendre conscience de l’enjeu individuel et collectif de celles-ci : de ses prises de position, il doit pouvoir répondre à lui-même et devant les autres, surtout quand elles prétendent légitimer des prises de décision. Si nous ne voulons pas que l’éthique serve de caution à la simple application des techniques scientifiques et médicales ou à la gestion de l’humanité considérée comme un “cheptel humain”, la réflexion éthique peut tenir une place originale de critique de notre société, de ses valeurs et, peut-être aussi, de ses angles morts...

Au cœur de la mêlée des controverses, “la dignité de la personne humaine” est l’étendard que chacun agite. Si les maux pour le vivre mobilisent l’émotion et obligent à l’écoute et au respect, les mots pour le dire exigent un regard critique, comme un chemin à dégager, mètre après mètre, au milieu des entrelacs de souffrances et des peurs, de gestes de solidarité et de fuite. Telle est la tâche de la réflexion éthique. Au cours de cet itinéraire exigeant de la reconnaissance de la dignité de chaque être humain, de nouvelles perspectives s’entrouvriront.

Enregistrer au format PDF Cet Article en pdf
envoyer l'article par mail envoyer par mail