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Editorial Bulletin EBA n° 34 octobre-décembre 2009

ANNONCER UNE MAUVAISE NOUVELLE ET CONSTRUIRE ENSEMBLE UN PROJET DE VIE !

samedi 31 octobre 2009, par Jacques Faucher

  • Le plan Cancer puis le plan Alzheimer ont mis en place des dispositifs d’annonce d’une “mauvaise nouvelle”. Annoncer une mauvaise nouvelle est devenu la tâche et la responsabilité d’abord des médecins mais aussi des soignants. Des formations ont développé des temps d’information et de jeux de rôles. Certains tiennent la place de seniors accompagnés de soignants. Celui ou celle qui joue le rôle du malade est accompagné d’une personne de confiance. Souvent originaux, le scénario et le jeu des acteurs sont très représentatifs de ce qui se passe dans les services. Disons-le avec humour et inquiétude : il y a encore beaucoup de travail à faire !
  • Mais une question s’insinue : pourquoi tant d’acharnement à obliger les professionnels de santé ou du social à annoncer une mauvaise nouvelle ? Certains rappelleront le devoir des médecins d’informer ; d’autres invoqueront le droit des malades à savoir (ou du moins leur droit de choisir entre savoir et ne pas savoir). Rares ceux qui s’étonnent de cet oukase de l’annonce d’une mauvaise nouvelle qui ne peut que mettre mal celui qui la reçoit comme celui qui en est le porte-parole, par devoir, par savoir, par pouvoir. Pourquoi vouloir seulement annoncer une mauvaise nouvelle ? Quelle relation étrange de savoir et d’ignorance, de conscience et de confiance, de domination et de soumission, mettons-nous ainsi en place ? La plupart de nos journaux (télé, radio, papier) assènent en premier les mauvaises nouvelles, non sans une certaine complaisance avec l’horrible, le sordide, l’attristant, la mort. Les journalistes interrogés disent qu’ils répondent à la demande du public, ou, plus cyniquement, que cela fait vendre ou gonfler l’audimat.
  • Lors des ateliers et de la journée organisés au CHU par l’Espace Ethique Alzheimer du CMRR (Centre Mémoire de Ressources et de Recherche) d’Aquitaine, les 9 et 10 septembre 2009, nous avons buté sur ce problème. Il est apparu qu’il n’était pas souhaitable (pour ne pas dire éthique) d’annoncer une “mauvaise nouvelle” sans proposer en même temps un projet thérapeutique (Plan cancer) ou un projet de soins et de vie (quelles que soient les situations). Le dernier mot ne serait plus de l’ordre de la tristesse, de la souffrance, de la mort (physique ou sociale), mais du côté d’un projet de vie à construire, d’une certaine qualité de vie, d’un temps à vivre avec ses proches, de priorités qui ne seraient pas que celles de la santé vue par les soignants. Ce projet tiendrait compte du savoir-faire comme du savoir être des professionnels mais aussi du désir du patient, sans oublier les proches : enfin une bonne nouvelle !
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